Dimanche 26 avril, la Ville d’Étampes a célébré la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation à travers une cérémonie empreinte de solennité, placée sous le signe du recueillement et de la transmission. Une cérémonie adaptée, mais toujours aussi forte, qui témoigne de l’attachement profond de la collectivité à ce devoir de mémoire.

Aux côtés du sous-préfet de l’arrondissement, Benoît Vidon, le Maire, Gilles Bayart, entouré des membres du conseil municipal et du conseil municipal des jeunes, participait à cet hommage. Étaient également présents Guy Crosnier, représentant le Département, et Gérard Hebert, représentant la Région, aux côtés des associations patriotiques et mémorielles, fidèles à ce rendez-vous essentiel du calendrier républicain.

Traditionnellement organisée sous la forme d’un parcours à travers onze lieux emblématiques de la mémoire étampoise, cette commémoration a évolué cette année.

À la demande du Comité d’Entente, et afin de préserver les plus fragiles, l’ensemble de la cérémonie s’est tenue au monument aux morts.

Pour autant, l’esprit du parcours a été préservé : des panneaux spécialement installés ont permis de rappeler les noms, les visages et les engagements de ces femmes et de ces hommes, résistants et déportés, qui ont marqué l’histoire locale.

La cérémonie a débuté par le lever des couleurs, suivi de la lecture des messages officiels rappelant le sens de cette journée nationale, choisie en raison de sa proximité avec la libération des camps.

Sous la conduite d’Alexandre Guérin, maître de cérémonie et président du Comité mémoriel, les autorités ont ensuite procédé au dépôt de gerbes, devant les panneaux représentant les figures locales de la Résistance et de la Déportation. Chaque geste s’est inscrit dans un profond respect, accompagné de la sonnerie aux morts et d’une minute de silence, avant que La Marseillaise ne vienne clore cet hommage, reprise a cappella par les participants avec gravité et unité.

Aux côtés des porte-drapeaux étampois, ceux d’Angerville, de Méréville et de Milly-la-Forêt étaient également présents, témoignant de l’attachement partagé à ce devoir de mémoire à l’échelle du territoire.

À l’issue de la cérémonie, les gerbes ont été redéposées sur les différents sites mémoriels de la ville, perpétuant ainsi le lien avec les lieux qui composent habituellement le parcours commémoratif.

À travers cette cérémonie, la Ville d’Étampes a réaffirmé son engagement à transmettre la mémoire des heures les plus sombres de l’Histoire, tout en honorant le courage et l’humanité de celles et ceux qui ont résisté.

Un moment de recueillement, de partage et de solidarité, pour que jamais ne s’efface le souvenir de :

🇫🇷Lucie Aubrac (1912-2007)
Figure majeure de la Résistance, Lucie Aubrac s’engage dès 1940 dans la lutte clandestine et cofonde le réseau Libération-Sud. Professeure d’histoire, elle participe à des actions décisives, dont la libération de son mari arrêté avec Jean Moulin. Réfugiée à Londres en 1944, elle revient en France après la guerre et consacre sa vie à transmettre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Invitée à Étampes en 2001, une allée du groupe scolaire Jean-de-La-Fontaine porte son nom.

🇫🇷 Juliette Jacquemard (25 avril 1897- 30 décembre 1982), Juste parmi les Nations
Juliette Jacquemard est la seule Juste parmi les Nations issue de la commune. Chef de gare à Étampes, elle s’est illustrée par son courage et son sens de l’humanité en offrant refuge à Sora et Micheline Lajzerowicz, deux fillettes juives, menacées par les persécutions nazies.
Avec bravoure et dignité, Juliette Jacquemard leur a permis de vivre sous de fausses identités. Micheline poursuit sa scolarité, bientôt rejointe par son père, Moïse Lajzerowicz. Grâce à cette chaîne de solidarité, la famille survit jusqu’à la Libération.
En reconnaissance de son courage, Juliette Jacquemard a reçu en 2013 le titre de Juste parmi les Nations, une distinction rare qui honore 4 368 personnes en France.

🇫🇷 Jean-Baptiste Eynard (1894-1945)
Engagé dans le réseau Libération-Nord, Jean-Baptiste Eynard agit dès 1942 pour soustraire de jeunes hommes au STO en les cachant dans des fermes de la région. Arrêté par la Feldgendarmerie en juillet 1944, il est incarcéré puis déporté à Buchenwald avant d’être transféré dans plusieurs kommandos aux conditions extrêmes. Épuisé, déclaré inapte, il est envoyé à Bergen-Belsen où il disparaît en mars 1945, victime du système concentrationnaire nazi.

🇫🇷 Pierre Pecquet (1899-1969)
Né à Étampes, Pierre Pecquet s’engage dans la Résistance dès 1940 au sein de la Confrérie Notre-Dame. Sous le pseudonyme « Le Bourgeois », il organise un réseau local depuis son café de la rue Saint-Martin, devenu un véritable centre de coordination clandestine. Il recrute, héberge et protège des résistants, avant de commander les volontaires FFI lors des combats de la Libération. Son courage et son sang-froid lui valent une reconnaissance officielle après-guerre.

🇫🇷 Henri-Frédéric Manhès (1889-1959)
Officier décoré de la Première Guerre mondiale, Henri Manhès s’engage très tôt dans la Résistance aux côtés de Jean Moulin. Fondateur du réseau « Frédéric », il organise actions, renseignements et filières d’évasion. Arrêté en 1943, il subit de nombreux interrogatoires sans jamais parler, malgré les tortures. Condamné à mort, il échappe à l’exécution avant d’être déporté à Buchenwald. Compagnon de la Libération, il poursuit après-guerre son engagement au service des déportés.

🇫🇷 Pierre Audemard (1903-1945)
Radioélectricien et adjoint au maire d’Étampes, Pierre Audemard est un acteur central de la Résistance locale. Avec Louis Moreau, il organise le réseau « Ceux de la Libération » et participe à des opérations de parachutage d’armes destinées aux groupes étampois. Arrêté par la Gestapo en 1943, il est interrogé puis déporté à Buchenwald avant d’être transféré à Mauthausen, où il meurt en 1945, le jour même de la libération du camp.

🇫🇷 Jean Rigot (1924-2022)
Résistant dès sa jeunesse, Jean Rigot est arrêté en 1943 puis emprisonné avant d’être déporté au camp de Neuengamme. Il survit à des conditions extrêmes, marquées par la faim, les violences et les pertes humaines. De retour en France, il consacre sa vie à témoigner auprès des jeunes pour transmettre la mémoire de la déportation. Décoré de la Légion d’Honneur, il participait fidèlement aux commémorations à Étampes.

🇫🇷 Louis Moreau (1888-1944)
Inspecteur de l’instruction publique, Louis Moreau organise dès 1942 le principal réseau de résistance étampois. Sous le pseudonyme « Vincent », il coordonne renseignements et actions, transmettant des informations précieuses aux Alliés. Arrêté en 1944, torturé puis déporté, il meurt à Buchenwald. Son engagement discret mais déterminant a contribué aux opérations militaires alliées sur le territoire.

🇫🇷 Gabriel Gautron (1913-1996)
Membre du réseau « Ceux de la Libération », Gabriel Gautron participe notamment à des opérations de parachutage d’armes. Arrêté en 1943, il est déporté à Buchenwald puis transféré dans d’autres camps. Survivant, il revient très affaibli mais reconstruit sa vie à Étampes. Il témoigne pendant des années auprès des élèves pour transmettre la mémoire de la déportation. Son engagement est salué par les Palmes académiques et la Légion d’Honneur.

🇫🇷 Hommage aux 4 jeunes fusillés de la rue Reverseleux.
La stèle rend hommage à quatre jeunes résistants surpris par une patrouille allemande alors qu’ils transportaient des armes. Ils furent fusillés dans la nuit du 17 au 18 août 1944, au lieu-dit le Rougemont. Les quatre fusillés étaient René Delandhuy (1923-1944), demeurant à Paris, Albert Lemaître (1918-1944), de Sartrouville, Louis Lusson (1898-1944), employé des chemins de fer à Sartrouville, et André Mary (1914-1944), de Maisons-Laffitte. René Delandhuy venait tout juste d’avoir 21 ans, Albert Lemaître avait 26 ans, Louis Lusson, 45 ans et André Mary 30 ans.

🪦Au Monument aux morts

🇫🇷 Jacques Ghislain Charles Émile Rohault (24 juillet 1923 – 24 mai 1945)
Résistant étampois, membre des FFI, il est déporté en avril 1944 depuis Compiègne vers le camp de Neuengamme. Affecté à un kommando de travail à Fallersleben-Laagberg (usines Volkswagen), il est ensuite transféré au camp annexe de Wöbbelin, où il meurt de maladie le 24 mai 1945, alors qu’il était en instance de rapatriement.

🇫🇷 Jacques Robert Thierry (1920-1945)
Né à Fontainebleau, Jacques Robert Thierry est interné pour avoir refusé le STO. Déporté en Allemagne dans un camp de travail, il subit les conditions extrêmes imposées aux prisonniers. Il décède le 23 février 1945 à Mülheim. Son parcours illustre celui de nombreux jeunes contraints ou réfractaires, victimes du système concentrationnaire nazi.

🇫🇷René Georges Pradot (1921-1947)
Né à Étampes, couvreur de métier, René Georges Pradot est déporté durant la Seconde Guerre mondiale dans des conditions encore mal connues. Reconnu comme « mort en déportation », il décède en 1947 à Rambouillet des suites de son internement. Son parcours rappelle que les souffrances des déportés se sont prolongées bien au-delà de la Libération.

🇫🇷André Jules Paul (1913-1944)
Né à Paris, André Jules Paul est arrêté puis déporté en Allemagne. Il meurt le 1er mai 1944 au camp de Mulsen-Saint-Micheln. Son destin tragique illustre la violence du système concentrationnaire nazi et le sort réservé à de nombreux Français durant l’Occupation.

🇫🇷Émile Louvel (1905-1945)
Originaire de la Sarthe et installé à Étampes, Émile Louvel est déporté durant la guerre. Ancien militaire, il fait partie de ces hommes emportés par la répression nazie. Il décède le 7 avril 1945 à Göttingen, en Allemagne, loin des siens.

🇫🇷Camille Léonard (1912-1945)
Habitant d’Étampes, Camille Léonard est déporté au camp de Neuengamme. Il y meurt le 27 janvier 1945, victime des conditions de détention extrêmes imposées aux prisonniers. Son parcours s’inscrit dans celui de nombreux déportés morts en captivité.

🇫🇷Joseph Marie Le Boulch (1922-1943)
Cultivateur originaire du Morbihan et installé à Étampes, Joseph Marie Le Boulch est arrêté en 1942 pour faits de résistance. Déporté en Allemagne, dans le cadre du programme « Nuit et Brouillard » ( Nacht und Nebel). Il fait partie de ces résistants arrêtés puis transférés en Allemagne dans le plus grand secret, souvent sant laisser de traces, avec pour objectif de les faire disparaître. Il meurt le 26 décembre 1943. Son engagement témoigne du courage d’hommes ordinaires devenus résistants.

🇫🇷Roland Maxime Jousse (1903-1945)
Habitant d’Étampes, Roland Maxime Jousse est déporté au camp de Sachsenhausen. Il y meurt le 25 mai 1945, après la fin de la guerre. Son parcours rappelle que de nombreux déportés n’ont pas survécu aux suites de leur captivité.

🇫🇷 René Girard (1902-1945)
Né à Étampes, René Girard est arrêté puis déporté en Allemagne. Il meurt à Zeitz, en Saxe, victime du système concentrationnaire nazi. Son nom reste inscrit parmi ceux qui ont payé de leur vie les violences de l’Occupation.

🇫🇷 André Glomet (1921-1945)
Né à Orléans et habitant Étampes, André Glomet est déporté durant la guerre. Il décède le 6 juin 1945 à Marienbad, des suites des privations et sévices subis en captivité. Son parcours illustre les conséquences durables de la déportation.

🇫🇷 François Drouet (1910-1945)
Né à Étampes, François Drouet est déporté vers les camps de Gross-Rosen puis Buchenwald, avant d’être affecté aux kommandos de Dora-Mittelbau. Soumis aux travaux forcés dans des conditions extrêmes, il meurt le 4 mars 1945. Son destin incarne la brutalité du système concentrationnaire nazi.

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