Les obsèques de Romain Bouteille se sont déroulées mardi 8 juin 2021 à 15 h à la Collégiale Notre-Dame à Etampes. Parmi la foule, de nombreuses personnalités s’étaient déplacées. Henri et Christophe Guybet, Philippe Manesse, Sotha, Jacky Sigaux,, Albert Meslay, Manon et Philippe Rony, Gérard Lefèvre, Catherine Mitry… L’entrée dans l’église s’est faite aux sons de l’orgue et de la trompette de son fils Shams. Puis Luis Rego a pris la parole.

«  Je veux juste pour ceux qui ont connu Romain rappeler quelques faits et gestes de sa vie. En 1969, l’Homme a posé pour la 1re fois un pied sur la Lune. Romain a mis la main à la pâte et a fait le maçon pour construire un théâtre où il ne dépendrait de personne pour créer en toute liberté. Il a inventé une nouvelle façon de faire du théâtre. Sur la durée son expérience s’est avérée plus difficile que d’aller sur la Lune. […] Aujourd’hui 50 ans après la création de son théâtre, sa liberté de ton et sa joyeuse anarchie semblent hélas disparaître avec lui du paysage.  […] En 30 ans, Romain a écrit et joué une quarantaine de pièces, romans et sketches tous genres confondus. Au Café de la Gare, sans subvention, ni producteur. 30 ans à l’affiche sans moyen financier, sans pub, sans média, sans télé, on en connaît pas beaucoup qui aient réussi un tel exploit. Romain fut nominé aux Molière pour Les femmes des gens, mais il a aussitôt arrêté de jouer pour éviter d’avoir un prix. Sinon, rien ne l’arrêtait de chercher sans cesse à se renouveler et à avancer. C’est lui qui a dit : ce n’est pas la source qu’il faut chercher mais la soif. Il l’a mis en pratique. Il y a consacré son art et sa vie. Car la rigueur morale ça consiste davantage à joindre l’action à la parole, que de tenir des discours de bienséance et agir à l’envers.

Romain Bouteille était doté d’une rigueur morale exceptionnelle dans une époque où cette qualité est aussi rare que l’air pur. On avait l’impression qu’il l’avait monopolisée pour lui tout seul. Romain, le paradoxe d’un individualisme exacerbé, de celui qui ne voulut dépendre de personne et en même temps qui prenait le collectif en exécrant la hiérarchie. […]  Je suis honoré de rendre un dernier hommage à un grand auteur français  […] ».

François Rollin a ensuite lu un message de la part de Rufus mentionnant « le chef d’une tribu sans chef » ou « le propriétaire de rien et la propriété de personne ».

François Rollin s’est à son tour exprimé en son propre nom. «  Ce refus de toute espèce de pouvoir, je le partageais avec Romain. Pour tous les gens du métier, et j’en parlais avec Pierre Palmade ce matin, Romain était et est un modèle, un exemple, un phare, bref : un génie.  […] Merci l’ami Romain. Chapeau ! »

Présent à la cérémonie aux côté de plusieurs élus du Conseil municipal et du député Bernard Bouley, le maire d’Etampes Franck Marlin a « préféré laisser la place aux autres » comme l’a indiqué le Père John. Puis ce fut le tour du frère de Romain, Noël, de dire au revoir à son aîné. Marianne Sergent a également pris la parole.

La cérémonie a été guidée par le fils de Romain Bouteille et Saïda Churchill, Shams, qui a joué tour à tour un air de trompette, un morceau de guitare et lu un texte de son père.

Romain Bouteille repose au cimetière Saint-Pierre.