Mur anti-bruit :

Rapports des diagnostics sonores et de pollutions en main, la Ville et l’association de riverains de Saint-Martin entendent maintenant mettre le Conseil départemental devant ses responsabilités.

 

Ils les attendaient avec impatience. Les voilà enfin arrivés. La préfecture de Police a transmis à la Ville et à l’association de riverains de Saint-Martin les rapports des deux diagnostics effectués aux abords de la RN20, du Rougemont à l’Île-de-Loisirs concernant les nuisances sonores et de pollution de l’air.

Lors de la réunion qui s’est déroulée ce jeudi 15 septembre, dans les salons de l’Hôtel-de-Ville, Marie-Claude Girardeau, première adjointe au Maire a déclaré tout de go, « les résultats sont sans appel, en particulier celui concernant les nuisances sonores ». Effectivement, la circulation sur la RN20 engendre 65 décibels le jour et 60 décibels la nuit. « Ce qui correspond grosso modo au bruit que fait un aspirateur, ancienne génération », déclare Rudy Vadelueux, le président de l’association Les riverains de Saint-Martin d’Etampes pour le mur anti-bruit. « En décembre 2021, 960 véhicules par heure circulent le jour, dont 33% de poids lourds ont été enregistrés. La nuit, il est noté 175 véhicules par heure de nuit avec une moyenne de 90% de camions. Selon l’étude, ces statistiques vont augmenter en 2022 avec 1220 véhicules par heure le jour et 264 par heure la nuit », souligne le rapport. « Ces nuisances sonores entraînent une souffrance totale chez les riverains de Saint-Martin. Il n’y a pas un jour où je ne reçois pas un appel téléphonique. Les personnes n’en peuvent plus », déclare Abdekader Noun, co-président de l’association. Cette circulation va d’autant s’intensifier que « dans le cadre des projets du Grand Paris des plans de réaménagement de la N20 entre Arpajon et Longjumeau avec des voies de délestages pour les bus, du co-voiturage, une gare routière de bus pour favoriser les transports en commun vont accroître la circulation », souligne Jean-Michel Josso, adjoint au Maire en charge Travaux, voirie, propreté, accessibilité, espaces verts, eau et assainissement.

En plus de cette bataille pour obtenir un mur anti-bruit, un autre dossier en cours pourrait changer la donne de la circulation des poids-lourds sur la RN20. Il s’agit de La gratuité de l’Autoroute A10, « un combat que mène aussi le Maire Franck Marlin et l’association Autoroute A10 gratuite. « On est la seule ville dans les 50 kilomètres autour de Paris à avoir une autoroute payante, c’est inadmissible et ce n’est pas faute que le Maire d’Etampes, dans son mandat de député, soit monté au créneau », déclare Marie-Claude Girardeau. « Les lobbies sont tellement forts, que rien ne bouge », regrette t-elle. Le rapport concernant la pollution de l’air est moins accablant, mais complètement tronqué par les conditions climatiques durant la période où les tests ont été réalisés. « Le jour où les relevés ont été faits, il y a eu une tempête, cela a dégradé les paramètres. D’ailleurs le capteur installé sur la façade de ma maison était tombé », se souvient Abdelkader Noun. Le
rapport concernant la pollution de l’air précise d’ailleurs bien qu’il y avait 85% de vent faible et 25% de vent fort. Le Maire Franck Marlin retardé par une précédente réunion est arrivé et manu militari a donné la feuille de route à suivre pour faire entendre la voix des riverains d’Etampes et obtenir ce mur, attendu maintenant depuis plus de 20 ans !

« Nous avons les rapports de nuisances sonores et de pollutions de l’air en main, nous avons maintenant des arguments tangibles pour mettre le département de l’Essonne devant ses responsabilités. Nous allons aussi lui fournir aussi une étude d’accidentologie. En effet, la descente entre la falaise du Rougemont et la sortie de L’île de Loisirs est extrêmement dangereuse et si un poids-lourds quitte la chaussée, il se retrouvera inévitablement chez les habitants. Il s’agit d’un problème de sécurité et le département doit obligatoirement réaliser la protection de cette descente. Dès aujourd’hui, nous allons adresser un courrier au Président du Conseil départemental pour demander un rendez-vous avec lui ou son représentant en charge des travaux. Si on n’a pas de réponse, on montera nous même au Conseil départemental », avertit-il.

« Car il ne faut pas exagérer. Il est difficile d’accepter que le Conseil départemental puisse dépenser 1 million d’euros pour créer un vélorail géré par une société privée qui va toucher seulement quelques personnes, alors que des Etampois demandent à corps et à cri, un mur anti-bruit pour vivre normalement. On ne peut pas tolérer non plus, que le Conseil départemental, donne comme excuse, l’urbanisation récente du quartier Saint-Martin alors que les maisons étaient là avant même la construction de la déviation », ajoute t-il déterminé.

« On ne peut pas se satisfaire non plus de l’enrobé phonique qui a été fait. Quand un camion passe, il y a le bruit de la bâche, il y a aussi les coups de freins pour limiter sa vitesse à l’arrivée du radar et après l’accélération qui suit, car il ne faut pas se voiler la face, les limitations de vitesse ne sont pas respectées et on ne peut pas faire des contrôles en permanence », insiste t-il.

Tous ces arguments restent à être entendus par le Président du Conseil départemental. A suivre…