Le monde paysan ne compte pas lâcher prise face aux injustices qui touchent leurs métiers.

Après une forte mobilisation hier à Étampes, celles et ceux qui nourrissent le monde bloquent actuellement la N118 près d’Orsay.

En début d’après-midi, au départ de la coopérative agricole Sud-Essonne, à Étampes, un convoi de tracteurs va se former et se diriger également direction l’A10, au niveau de l’aire de péage de Saint-Arnoult.

« Les agriculteurs du Sud-Essonne vont se joindre aux collègues des Yvelines pour bloquer l’autoroute A10. On ne lâche rien.  Il y a actuellement des discussions en cours entre la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA), la Confédération Paysanne et le gouvernement. Nous attendons une annonce ce soir du Premier Ministre.

En fonction de ce qu’il va répondre, on verra bien quelle est la suite à donner au mouvement. Il y a vraiment un ras-le-bol de la profession. Tout ce que l’on nous impose est intenable et scandaleux. Nous, on veut simplement un revenu décent et que les normes en France soient les mêmes que celles qui sont appliquées un peu partout en Europe.

Les deux sujets sont liés. Si on nous met au même niveau que nos partenaires Européens nos revenus vont forcément remonter et on sera aussi compétitifs qu’eux. Nous ne sommes pas mauvais dans ce que l’on fait, c’est juste que l’on nous met un sac de pierres dans le dos et on nous demande de courir avec des athlètes qui n’en n’ont pas. Le pays compense ensuite avec des importations de produits et on sait très bien qu’il n’y a pas les mêmes contraintes.

Donc si on nous enlève ce sac de pierres, cela va régler un certain nombre de problèmes.

Si un pays respecte la transition écologique et que d’autres ne la font pas, les règles du jeu sont biaisées. On ne peut pas laisser faire. », déclare Benoît Mazure, agriculteur à Morigny-Champigny.

L’heure est donc à l’attente de propositions fortes, mais sans trop d’illusion.

« Sincèrement je n’attends pas grand-chose du gouvernement. De ma carrière, cela fait 30-40 ans que l’on nous balade. Il va nous faire des propositions, mais dans 6 mois est-ce qu’il y aura vraiment des choses de faites ? Je ne suis pas certain. On demande que du bon sens et quand j’entends dans les médias que cela va coûter une fortune à l’État parce que l’on demande de l’argent, je tiens à préciser que les agriculteurs n’ont jamais demandé de l’argent. On a simplement demandé un allègement des normes. Nous en avons marre d’avoir des contraintes qui tombent de partout. On veut vivre de notre travail, ce n’est quand même pas demander grand-chose ! Je ne vais pas faire le détail de toutes nos revendications, mais on ne peut pas accepter que des produits importés n’aient pas les mêmes rigueurs que les nôtres, puis on ne peut pas accepter de faire 4 % de jachères quand il y a tellement de gens qui crèvent de faim dans le monde. Vraiment, on marche sur la tête », ajoute Denis Rabier, agriculteur à Pussay.

 

 

Le Maire d’Étampes Franck Marlin se tiendra, comme hier, aux côtés des agriculteurs.