Citoyens, membres d’associations, agriculteurs, élus… Plus de 400 personnes ont répondu dimanche 2 mai à l’appel lancé conjointement par l’Association Défense Santé Environnement, de nombreux collectifs et communes à l’image d’Étampes, pour manifester contre le projet d’une Installation de Stockage de Déchets “dits“ Inertes (ISDI) à Saint- Hilaire.

 

Dès 14 h, une centaine de personnes dont de nombreux élus (sénateurs, parlementaires, maires, conseillers régionaux, départementaux, municipaux…) et une délégation d’Etampois autour du Maire France Marlin se rassemblaient au lieux-dit Ardenne-La Saboterie, à quelques dizaines de mètres du lieu imaginé par Bouygues Travaux Publics pour déposer 1 400 000 m3 de terres issues du chantier du Grand Paris Express durant les 8 prochaines années. En plein champ, à proximité des communes de Saint-Hilaire, de Boutervilliers, de Châlo-Saint-Mars et d’Étampes, l’assemblée a pu découvrir les 34 hectares de terrain (soient 70 terrains de football) qui seraient impactés si le projet était réalisé. Un site pourtant protégé sur le plan patrimonial, naturel, hydrologique, géologique et agricole. Sur la petite route de campagne qui mène au lieu-dit, difficile également d’imaginer le passage d’une centaine de camions chaque jour dans ce cadre bucolique et préservé. Les personnes présentes ont également signé différentes motions contre le projet.

A 15 h, le cortège prenait la direction de la rue des Lys à Étampes pour la manifestation. Malgré les averses, des centaines de citoyens étaient déjà mobilisés. « Notre Association a déjà montré que tous unis et résolus, on peut combattre victorieusement une multinationale. Notre cause est juste et nous avons de solides arguments pour défendre ensemble, avec d’autres qui subissent le même sort, notre belle vallée, sa biodiversité, la santé et le cadre de vie de ses habitants. Un grand merci d’être venus si nombreux, pour dire non aux déchets du Grand Paris dans nos belles vallées et nos jolis plateaux du sud Essonne et dans aucun autre lieu où ils viendraient polluer la nature », assurait Marie-Josèphe Mazure, la première à prendre la parole en tant que présidente de l’ADSE.

 « Nous ne lâcherons rien face à projet mortifère et absurde »

 

« On a vu une magnifique mobilisation aujourd’hui avec beaucoup d’Etampois, d’habitants des communes environnantes et même bien au-delà. Merci aussi aux forces de l’ordre pour assurer l’encadrement. Toutes les générations et les différentes couleurs politiques sont représentées », relevait Franck Marlin. « C’est un beau symbole, un signal fort qui est envoyé pour dire que nous ne lâcherons rien face à ce projet mortifère et absurde. Après ce tour de force, il ne faut surtout pas relâcher la pression et obtenir des résultats. Puisque le dossier est à l’étude, c’est l’occasion de réaffirmer un non sans équivoque à la préfecture qui instruit le dossier. Le combat ne fait que commencer ! A nous tous de le poursuivre et de l’amplifier pour préserver notre territoire et la qualité du cadre de vie de ses habitants ! Le Sud-Essonne ne sera jamais la poubelle du Grand Paris ! »

 

Philippe

« J’étais déjà adhérent de l’ADSE Saint-Escobille depuis plusieurs années pour mener le combat contre la méga-décharge à Saint-Escobille. Là, je vois, qu’il faut encore se battre et que cela recommence. C’est infernal de se dire que le Sud-Essonne serait la poubelle du Grand Paris. C’est important de tous se réunis, d’agir de concert avec les élus, les citoyens pour défendre notre belle région. »

 

Alberto

« En tant que membre de l’association Connaître et Protéger la Nature (CPN) Val-de-Seine, on connaît bien le secteur. Il est important que les associations de l’éducation à l’environnement soient également représentées lorsque la nature est menacée. D’autant plus en sachant que l’espace concerné est tout à fait original. Il s’agit d’un versant sur les sources de la Louette où des mares éphémères peuvent se former. Il y a donc toute une biodiversité qui est très intéressante. Je trouve aussi paradoxal de planter des nouveaux arbres au niveau régional alors que le projet prévoit de supprimer une partie d’un bois. On veut de la logique. Pourquoi ne pas utiliser les pierres pour reboucher une carrière en Ile-de-France plutôt que de combler un endroit d’agriculture. Il faut se réunir et chercher les meilleures idées avant de les imposer. »

 

Anne

« Je suis venue de Villabé pour manifester. Même si j’habite à 40 km d’ici, je suis sensible au respect de l’environnement et au respect des gens. En prenant connaissance de ce projet de dépôt qui ferait 8 à 9 mètres de haut et toutes les incidences qu’il engendrerait, je me suis sentie concernée. Même si on est loin et de manière générale, cela nous concerne tous. »

Grégory

« J’ai la chance de côtoyer différents publics pour proposer des activités pédagogiques en lien avec l’environnement naturel et urbain à travers l’association La Petite Tortue. Avec ce projet, on a l’impression de revivre celui du centre d’enfouissement  de Saint-Escobille. Mais c’est le genre de projet contre lequel chaque citoyen se doit de se mobiliser pour exprimer son mécontentement. Au XXe siècle, il y a quand même des alternatives à mettre en place plutôt que de faire un trou et de mettre des déchets dedans comme on faisait depuis des lustres. Il y a quand même une notion de territoire que nous nous devons de protéger en tant qu’acteur, en tant que citoyen. »

 

Cécile

« A 14 ans, c’est ma première manifestation aujourd’hui. Je suis venue de Chamarande parce que je ne trouve vraiment pas normal de vouloir déverser des déchets dans la nature. Je trouve ce projet très irrespectueux et dangereux pour tous ceux qui vivent à proximité, pour les agriculteurs qui travaillent à côté, pour les nappes phréatiques… On touche au quotidien des gens, à leur vie et au cœur de la nature. Il pourrait réutiliser les gravats pour faire autres choses, comme des sous-couches de béton, des structures pour de nouveaux bâtiments plutôt que de les lâcher dans la nature. »

 

Frédéric

« J’habite Saint-Hilaire, juste en dessous de l’endroit où est prévu le projet. C’est bien de voir autant de monde aujourd’hui pour protéger la biodiversité et notre cadre de vie. On fait face à des manières archaïques, un projet d’un autre âge dont nous ne voulons plus. Aujourd’hui, on est bien conscient de tout ce que cela engendre comme conséquences. Il faut faire autrement parce qu’il y a d’autres manières d’agir. »