Jeudi 18 novembre, la doyenne d’Étampes Mauricette Fontaine nous a quittés à l’âge de 103 ans. Ce sont tous les Etampois qui se retrouvent orphelins et pleurent une femme hors-norme, vive, moderne, qui, toute sa vie aura su marquer les esprits.

Née le 4 janvier 1918 à Étampes, Mauricette Virmoux (de son nom de jeune fille) a perdu son père très jeune, décédé quelques années après avoir été gazé à Verdun. Déclarée pupille de la Nation et Pupille de Guerre en 1925, Mauricette passe cependant une enfance paisible durant l’entre-deux-guerres. Elle habitait alors rue de la République chez sa grand-mère qui était coiffeuse. « Puis j’ai rencontré à 14 ans l’amour de ma vie, Fernand. On s’est mariés 2 ans plus tard et à 22 ans, j’avais déjà mes 4 enfants : Serge, Gabrielle, Annie et Jacky. » Tout pour être heureux. Mais la Seconde Guerre mondiale viendra perturber ce ciel sans nuage. Tandis que son mari marquait l’histoire locale par ses actes de bravoure au sein de la résistance, Mauricette rechignait à soigner les Allemands qui occupaient la Ville de 1940 à 1944. « J’étais alors aide-soignante. Mais autant vous dire que je ne faisais aucun effort pour soigner les occupants », confirmait-elle avec aplomb et non sans humour.

Après la Guerre, Mauricette sera employée au laboratoire Dausse à Morigny-Champigny, puis à la fabrique des Petits chaussons, place Saint-Gilles. « J’ai toujours travaillé, même jeune mère avec mes 4 enfants en bas âge. J’ai aussi eu de la chance d’avoir un formidable allié, à la fois figure d’Étampes et mari merveilleux. J’ai aussi toujours cherché à m’investir, que ce soit pour ma famille, les associations d’anciens combattants, les élections, les évènements pour les retraités… », confiait-elle à l’occasion de son centenaire, en 2018.

Les années ont passé et la famille n’a jamais cessé de s’agrandir. « Nous sommes sûrs qu’il y a 18 petits-enfants. Mais derrière, c’est très compliqué puisqu’elle a aujourd’hui des dizaines d’arrière-petits-enfants mais aussi de très nombreux arrière-arrière-petits-enfants », révèle sa fille Annie. « Comme mon père, ma mère était quelqu’un d’extraordinaire, une force de la nature qui a toujours su aller de l’avant. »

Très proche de Mauricette à qui il rendait encore fréquemment visite à l’EHPAD du Petit-Saint-Mars, le Maire Franck Marlin a été bouleversé par cette nouvelle : « De par sa personnalité marquante et inspirante, de par son histoire et son caractère bien trempé, Mauricette Fontaine était unique et irremplaçable. Amoureuse de sa Ville de toujours où elle a vécu tous les grands évènements du XXe siècle, elle laisse Étampes endeuillée et triste.  Au nom de la municipalité et en mon nom personnel, je souhaite adresser à sa famille, à ses proches, à tous ceux qui l’ont connue mes respectueuses et affectueuses condoléances. »