La France compte 11 millions d’aidants dont 62 % sont en activité qui soutiennent un proche en perte d’autonomie pour des raisons liées à son âge, un handicap, une maladie chronique ou invalidante. Mais votre rôle n’est pas toujours facile. Et près de 50 % des aidants se sentent seuls et non accompagnés moralement. Un isolement à l’origine d’épuisement et de stress.

Pour soutenir les aidants, le Rotary Club et la Ville d’Etampes ont créé en 2011 une Halte-Répit 4A L’Escale. Depuis 11 ans, elle accueille des passagers et permet aux aidants de prendre un peu de temps pour eux. « Être aidant auprès d’un parent, de son conjoint ou de son enfant, ce n’est pas facile, et rarement de tout repos », déclare Michel Batard, co-fondateur de la Halte-répit Alzheimer 4A l’Escale. « En ce qui concerne les aidants qui sont auprès de personnes atteintes de la maladie Alzheimer, leur journée compte double voire triple car ils doivent avoir une vigilance de tous les instants, de jour comme de nuit, parce que les malades d’Alzheimer ont souvent des nuits agitées, ils se lèvent, déambulent. En termes de santé physique et psychologique, c’est très dur pour les aidants. Cela ne leur permet pas dans la journée de développer des activités, des ateliers pour pouvoir souffler et permettre à leurs proches de faire travailler leur mémoire. C’est pour cela que l’on insiste beaucoup sur le fait que les aidants, notamment par rapport à la maladie d’Alzheimer, doivent absolument se faire aider à la fois pour eux et pour leur malade qui ont besoin de ces ateliers, ces exercices pour retarder l’évolution de la maladie. La période que nous avons passé avec la Covid et les confinements ont été éprouvantes pour les malades et les aidants. Elle a été comme une double peine pour eux. Ils ont vécu à demeure en vase clos avec leur malade à s’occuper, qui vivaient eux même cette atmosphère pesante. L’absence de socialisation des malades et l’isolement des aidants ont été vraiment éprouvants. Cette halte-répit 4A l’Escale, la seule existante dans le Sud-Essonne et les autres structures d’accueil similaires en France sont essentielles. L’important est que l’aidant ne reste pas seul en tête à tête avec son malade. Il ne faut surtout pas qu’il se disent : non, je ne vais pas m’en remettre à un tiers pour m’en occuper, j’ai la force suffisance. Car il arrive à un moment où on a plus la force suffisante pour tout faire, et c’est parfois l’aidant qui dépérit, plus vite que le malade lui-même. Cela arrive plus souvent qu’on ne le pense. Il faut vraiment qu’il y ait une cette prise de conscience de l’aidant : il n’y a pas de honte de se faire aider, au contraire. En acceptant une aide, l’aidant permettra à son proche malade de décliner moins vite, de juguler l’évolution de sa maladie et cela lui donnera à lui les ressources nécessaires pour le garder le plus longtemps possible à domicile », souligne Michel Batard, co-fondateur de la Halte-répit 4A l’Escale.

 

Halte-répit 4A l’Escale. Espace Suzanne Vayne Place du port, 91150 Étampes. Téléphone : 06 07 72 00 75