Vendredi 10 juin, la Ville a commémoré avec émotion les bombardements alliés qu’elle a subis le 10 juin 1944 entraînant la mort de 131 civils Etampois. Mais pas seulement. La cérémonie rend également hommage à toutes celles et ceux qui ont perdu la vie ou des proches 4 ans plus tôt, déjà au mois de juin, avec les bombardements perpétrés par l’aviation allemande.

Tout commence avec l’opération Paula le 3 juin 1940. Un raid de grande envergure sur l’ensemble des bases aériennes de la région. Celle d’Etampes-Mondésir est la cible de 250 bombes qui causeront la mort d’une dizaine de personnes.

Dans la nuit du 7 au 8 juin, d’autres bombes sont lâchées en pleine Ville, touchant 5 familles, détériorant la toiture de l’église Saint-Gilles, des immeubles place Saint-Gilles, boulevard Henri-IV ou sur la Promenade de Guinette.

Dans la nuit du 14 au 15 juin, la Luftwaffe attaque de nouveau la Ville en bombardant et mitraillant à vue. Le nombre de morts est estimé à 400.

 

Le Maire Franck Marlin accompagné par de nombreux élus, d’anciens combattants et de personnalités locales a effectué son premier dépôt de gerbes au nom du Conseil municipal, au cimetière Saint-Pierre nouveau où reposent 112 victimes des bombardements du 14 juin 1940 et du 10 juin 1944.

 

 

 

 

 

Le cortège s’est rendu ensuite à Guinette où ont été inauguré deux plaques dédiées au Lieutenant Cory H. Grant, pilote américain, dont l’avion a été abattu le 23 juin 1944 par les Allemands, près du mur ouest de la ferme de Guinette et à Fernand Minier, figure d’Étampes et de son histoire, décédé le 10 mai dernier, à l’âge de 89 ans. Durant tout sa vie, Fernand Minier avait effectué des recherches pour retrouver trace de la famille du pilote américain pour que soit honoré sa mémoire.

Au cours de la cérémonie, Elisabeth Delage, adjoint au Maire et le Maire Franck Marlin ont livré un témoignage émouvant et vibrant à la mémoire des deux hommes. La cérémonie s’est déroulée en présence de la famille de Fernand Minier, ses enfants Freddy, Sandrine et son époux Christian, Maryse, sa petite-fille et son arrière petit -fils Tiago.

 

Au monument Dallier, situé dans la descente entre la rue du Pont Saint-Jean et la promenade de Guinette, une gerbe de fleurs a été déposée au pied de la stèle. La famille Dallier qui a payé un très lourd tribut en perdant plusieurs membres de sa famille dans les bombardements du 10 juin 1944 avait fait ériger ce monument érigé en 1946.

Lors de la cérémonie, Sylvain Nolleau descendant de la famille Dallier a lu à voix haute tous les noms des victimes inscrits sur le monument.

 

 

 

La cérémonie s’est terminée Square du 10-juin-1944, à Saint-Gilles, quartier martyr des bombardements, en présence du Maire et Député honoraire Franck Marlin, de Christophe Deschamps, Sous-Préfet de l’arrondissement d’Etampes, de Gilbert Chipault Président du Comité d’Entente des Anciens Combattants et Victimes de Guerre et de nombreuses, de personnalités locales et du monde combattants.

Dans la nuit du 9 au 10 juin 1944, les Alliés lâchent 2 000 bombes sur Étampes avec l’objectif de détruire la gare et les installations allemandes. Mais afin d’éviter les batteries anti-aériennes de l’Occupant, les appareils anglo-américains larguent leurs bombes trop tôt et de trop haut. En moins d’une heure, l’attaque causera la mort de 500 personnes, parmi lesquelles on dénombrera 140 civils et 200 membres des Jeunesses hitlériennes. La plupart des victimes étampoises sont à déplorer dans le quartier Saint-Gilles.

Une messe a été ensuite donné par le Père John Mac Lellan à la mémoire de toutes les victimes à l’église Saint-Gilles. Le monument lourdement endommagé avait été reconstruit et son orgue, entièrement détruit a été reconstruit grâce à l’exceptionnel don d’une Etampoise, Suzanne Lancteau (faite citoyenne d’honneur de la Ville, et hélas décédée le 15 avril 2019). Le 26 mai 2018, 74 ans après les faits, l’église a retrouvé un orgue majestueux.