« Donner du sens à la chose publique et donner du sens à un lieu empreint de bonheur et d’art. L’atelier de la Vigne fait vraiment partie du Patrimoine d’Etampes. Nous souhaitons que vous restiez ici, chez-vous », a annoncé le Maire Franck aux disciples de Philippe-Lejeune, co-fondateur de l’atelier, il y a 50 ans, avec le soutien du Maire Gabriel-Barrière (1920-2016).

« Je souhaite comme vous que cet atelier reste pérenne. Il est à vous, il est pour vous. Nous ne sommes que de passage et devant nous, on ne sait pas ce qui peut se passer après.

À ceux qui badigeonnent la culture de leurs discours électoraux, ils oublient que la culture, c’est ici, à Etampes, dans cet atelier. Et cela est très fort.

Cet atelier avec ses femmes et ses hommes de talent, c’est un rayonnement pour notre chère ville d’Etampes. Il faut donc que l’on œuvre ensemble pour conserver cet atelier de façon pérenne et sécure au nom du Conseil municipal », a t-il ajouté.

En effet, le 6, rue de la Vigne a abrité autrefois l’atelier du sculpteur et peintre Émile-Léauté(1905-1984). Il a ensuite accueilli l’école d’Arts plastiques municipal, puis l’Atelier de la CAESE jusqu’en fin 2020. Il accueille aussi maintenant depuis 40 ans la prestigieuse Ecole d’Etampes fondée par Philippe-Lejeune (1938-2014). Le maître a assuré sa descendant artistique en formant des peintres professionnels de grande lignée. Des peintres qui accompagnent à leur tour aujourd’hui des élèves dans l’art du portrait et du modèle vivant.

Le discours du Maire a donc rassuré l’ensemble des peintres de l’Ecole d’Etampes, y compris Sophie Lejeune, l’une des 3 filles du maître des lieux. L‘espace de travail de son père a d’ailleurs été été conservé en l’état avec sa chaise, son chevalet, ses pinceaux… et des dessins accrochés au mur.

« La pose de cette plaque représente beaucoup de choses car nous avons eu vraiment très peur de la fermeture de l’atelier de la Vigne et d’un éventuel déménagement. Cela n’aurait plus jamais été pareil. Il y a dans ce lieu, une ambiance merveilleuse, on s’y sent bien, les gens s’aiment beaucoup et on continue à y travailler », déclare Sophie Lejeune.
« Je suis aujourd’hui vraiment contente, soulagée même, car cela m’a vraiment miné le moral à l’idée que l’on pouvait partir de là. Dans cet atelier mon père venait tous les jours. On était sûr de le trouver d’avoir de lui un conseil.
Cette Ecole, réputée dans le monde de la peinture, fait vraiment partie du Patrimoine d’Etampes. On s’est battu pour la conserver. Et je viens de remercier le Maire Franck Marlin à l’instant car c’est un vrai cadeau qu’il nous fait de pouvoir rester ici. Il a raison, il y a des lieux qu’il faut garder », a t-elle ajouté.

« Il se passe quelque chose d’important aujourd’hui. On a sauvé l’atelier » a déclaré pour sa part Christoff Debusschere.
« Les lieux ont une âme et cet atelier, on l’aime tel qu’il est.
On aurait vraiment regretté d’aller dans un endroit aseptisé.
Il se passe toujours quelque chose quand on rentre ici, ce n’est pas du tout anodin. C’est vraiment un lieu où on se sent chez nous, comme dans une maison de famille.
Ce sentiment est partagé par tous les anciens élèves de Philippe Lejeune et toutes les personnes qui viennent travailler ici depuis des années.
À chaque fois, cet atelier nous rappelle quelque chose », poursuit-il.

« Des ateliers comme celui-ci, il n’y en a pas beaucoup dans la région. Je pense même qu’il faudrait faire une démarche auprès du de la Région Ile-de-France pour que ce lieu soit classé aux monuments historiques de France ».
», a souligné à son tour Geneviève Decroix, artiste peintre au sein de l’atelier depuis la première heure.

« Cette plaque inaugurée ce matin est là pour célébrer un anniversaire et un nouveau démarrage et une continuité. Nous avons beaucoup de projets, notamment de se rendre dans les écoles, les collèges et les lycées pour que les jeunes s’intéressent à la peinture. On les accueillera dans l’atelier, à moitié prix si il le faut, pour venir faire du portrait, du modèle vivant. Nous comptons aussi accompagner celles et ceux qui le veulent pour préparer des dossiers pour les écoles d’art », concluait Jacques Rohaut