Des hommes préhistoriques vivaient dans la région d'Etampes. On a retrouvé des centres de foyers magdaléniens dans les bois de Saint-Martin-de-la-Roche, au dessus d'Etréchy, ainsi que des burins, perçoirs, grattoirs, percuteurs, ... Une grande partie de ces objets sont actuellement visibles au Musée municipal.
Il s'agissait probablement de chasseurs nomades vivant sous les huttes.

A l'époque gallo-romaine, il existait une agglomération assez importante, nommée STAMPAE. Elle se situait à peu près à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Martin.
C'était le chef-lieu du PAGUS-STAMPENSIS situé sur l'importante voie romaine de Lutèce à Ganébum (Orléans). Cette route allait devenir une des principales artères du royaume et un des itinéraires du pèlerinages de Saint-Jacques-de-Compostelle.

En 911, Rollon et ses Normands viennent saccager la ville. C'est au XIéme siècle, sous l'impulsion des rois Robert le Pieux et Louis VI, que la ville d'Etampes va commencer à prendre son véritable développement.
Le roi Robert fonde une résidence royale autour de laquelle se développe la ville neuve. Il fait construire plusieurs églises et chapelles. Les eaux de la Louette et de la Chalouette, détournées par de nombreux canaux, arrosent la ville et ses jardins.
Les premières industries s'installent sous la forme de moulins à draps et à grains. On cultive alors les grains et la vigne..

Etampes forme bientôt deux villes distinctes : Estampes-le-châtel, la nouvelle cité, et l'ancien noyau urbain d'Estampes-les-Vieilles. Une troisième ville va se développer autour de l'église Saint-Gilles à partir de 1123. Son expansion progressive réunit les deux bourgs dès le milieu du XIIème siècle.Les premiers rois Capétiens sont à l'origine de nombreux mouvements qui subsistent de nos jours, notamment la collégiale Notre-Dame (1020) et le donjon du château royal (1130).

Au XIIème siècle, sous le roi Philippe 1er, il existait un hôpital (Saint-Jean), un prieuré (Saint-Pierre), deux collégiales (Saint-Martin et Notre-Dame), quatre églises ou chapelles (Saint-Basile, Saint-Aubin, Saint-Médard, Saint-Jacques), un palais et une forteresse.

Jusqu'à Philippe Auguste, Etampes resta propriété directe de la couronne. Le Roi appelait sa bonne ville : "la meilleure du royaume". Avant de devenir comté en 1327, elle passa entre les mains de Blanche de Castille, puis celles de Charles d'Evreux, comte d'Etampes.

En 1411, la ville est assiégée par "Jean sans peur" et prise le 15 décembre. Le comte appartient alors aux ducs de Bourgogne.
En 1478, un arrêté du Parlement déclare sans fondement les prétentions féodales sur Etampes. Ainsi protégée par les rois de France, la ville connaît une nouvelle prospérité.

Au XVIème siècle, la citée est entourée de remparts percés de huit portes : la porte Saint-Martin, la porte du Châtel (Saint-Jacques), la porte Evard (Evezard), la porte des Pluviers (Saint-Pierre), les portes Saint-Fiacre et Saint-Gilles.
Les remparts furent en partie détruits lors de la guerre de cent ans qui, comme ailleurs, exerça de grands ravages.

Le 23 juin 1525, François 1er, amoureux d'Anne de Pisseleu, donna au mari de sa favorite, Jean de Brosse, toutes ses ressources du comté d'Etampes et pour honorer sa maîtresse, le roi érigea le comté en duché en 1536.
Il y incorpora Dourdan et la Ferté-Aleps (la Ferté-Alais). Diane de Poitiers en 1553 et Gabrielle D'Estrée en 1598 deviennent tour à tour duchesse d'Etampes. Cette dernière céda son domaine à son fils, César de Vendome, enfant naturel d'Henry IV.

En 1562 et 1567, lors des guerres de religion, Etampes est ravagée par les troupes protestantes. Enfin, en 1589, Henry IV s'en empare et ordonne de raser les fortifications et de démanteler le château, afin de lui épargner de nouveaux sièges à l'avenir.
Mais les murailles sont bientôt reconstruites en 1652, à l'époque de la Fronde, Turenne y assiégea l'armée de Condé mais il échoua et dut lever le siège. La ville, en partie détruite, fut la proie de la peste et Saint-Vincent-de-Paul vint y soigner les malades.
Quelques années plus tard, en août 1663, La Fontaine traversant Etampes, trouva la ville misérable et très dépeuplée.

Etampes se relève au XVIIIème siècle et l'année 1745 est marquée par un séjour de Louis XV. En mars 1792, de graves troubles révolutionnaires, provoqués par la disette des vivres éclatent, et la maire est tué.

Mais la ville reprend bientôt un visage opulent. Importante cité de transit commercial principalement pour les céréales, et lieu de passage très fréquenté, elle compte au XVIIIème siècle plus de 50 auberges.

Lors de l'exode de 1940, elle fut sauvagement mitraillée et bombardée. Les victimes furent nombreuses.
Mais le plus terrible bombardement fut celui de juin 1944 où des avions alliés lancèrent, en pleine nuit, des centaines de bombes sur la gare et les voies ferrées.
La gare fut peu touchée, par contre le centre ville et le plateau de Guinette furent en partie labourés. Les morts furent relevés par centaines, parmi eux se trouvaient de nombreux allemands en instance de départ.

Etampes est également la ville natale des savants urbanistes Geoffroy-Saint-Hilaire et Jean-Etienne Guettard, du sculpteur Elias Robert et du peintre Louise Abbéma.


Documentation : J.L'oiseau, édition Visgot Frères - Rue de l'école de médecine, Paris.


 

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